Les passeurs
Helsinki / Maison-Alfort
2009 / 2010
«Souvent il se tenait des heures à regarder un veau, la tête, les yeux, les oreilles, le mufle, les naseaux ; et à l’instar de ce qu’il faisait avec un étranger, il se pressait le plus qu’il pouvait contre celui-ci, pris souvent de cette folle idée qu’il pourrait peu à peu pénétrer en pensée dans cet animal – il lui était si essentiel de savoir la différence entre lui et la bête – et parfois il s’oubliait tellement dans la contemplation soutenue de la bête qu’il croyait réellement avoir un instant ressenti l’espèce d’existence d’un tel être.»
Karl Philipp Moritz, Anton Reiser